Lacantabilité

Charges d'un cabinet d'analyse : micro-BNC ou déclaration contrôlée

Écrit par Florian Mousseau, éditeur de Lacantabilité. Mis à jour le 30 juillet 2026.

« Est-ce que le contrôle est déductible ? » est une question fréquente, et elle arrive souvent une étape trop tôt. En micro-BNC, elle n'a pas d'objet. En déclaration contrôlée, elle en a un, et la réponse ne s'énonce pas de la même façon pour toutes les dépenses.

En micro-BNC, la question ne se pose pas

Le régime déclaratif spécial s'applique, sur option ou de plein droit, aux recettes qui n'excèdent pas 83 600 € hors taxes. L'article 102 ter du CGI y définit le bénéfice imposable comme le montant brut des recettes annuelles diminué d'un abattement forfaitaire de 34 %, qui ne peut être inférieur à 305 €.

Cet abattement remplace les frais. Il n'y a rien à déduire en plus, ni le contrôle, ni les formations, ni le loyer du cabinet, ni les cotisations. Il n'y a donc pas de dépense « déductible » sous ce régime, et pas de note d'honoraires à conserver pour cette raison-là.

Il faut donc faire un calcul. Si vos charges réelles dépassent durablement 34 % de vos recettes, le forfait vous coûte de l'argent. Une pratique qui porte un contrôle régulier, des formations et un loyer atteint ce seuil plus souvent qu'on ne le suppose. C'est la première chose à calculer, avant toute question sur telle ou telle ligne.

En déclaration contrôlée, une condition unique

Sous ce régime, l'article 93 du CGI définit le bénéfice comme « l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession ». Tout tient dans cette formule, à quoi s'ajoute une seconde exigence : la dépense doit avoir été effectivement acquittée au cours de l'année d'imposition.

Une dépense n'est donc pas déductible parce qu'elle figure sur une liste, mais parce qu'elle est nécessitée par l'exercice, justifiée, et payée dans l'année. La charge de la preuve vous appartient, ce qui rend la facture au nom du cabinet plus utile que n'importe quel raisonnement.

Les lignes propres à cette pratique

Certaines dépenses d'un cabinet d'analyse n'existent dans aucun autre métier, et un plan comptable générique ne les prévoit pas.

Le contrôle, ou la supervision, porte directement sur l'exercice : c'est la pratique elle-même qui y est travaillée. Les formations, séminaires et colloques, les cotisations à une association ou une école, la documentation professionnelle, le loyer du cabinet et l'assurance responsabilité civile professionnelle relèvent du même raisonnement ordinaire.

L'analyse personnelle est une frontière, et il faut le dire plutôt que de trancher à votre place. Elle est, dans cette pratique, constitutive de la qualification à exercer, ce qui plaide pour le lien avec la profession. Elle est aussi, par nature, personnelle, ce qu'une administration peut retenir. Le critère reste celui de l'article 93, et son application dépend de faits que cette note ne connaît pas. C'est précisément la question à porter à un professionnel du chiffre, avec vos éléments : elle mérite un avis, pas une réponse de principe.

Les charges dans Lacantabilité

Lacantabilité tient le livre des recettes au réel encaissé, comme les deux régimes le demandent, et permet de saisir les charges du praticien avec les catégories qui sont les siennes, contrôle et analyse personnelle comprises. Elle additionne les charges de l'année à côté des recettes. Vous voyez ainsi si vos charges dépassent les 34 % de l'abattement. Elle ne choisit pas votre régime et ne remplit pas votre déclaration. Elle vous donne les chiffres pour décider.

Cette note décrit l'état des textes à la date indiquée et cite ses sources. Elle n'est ni un conseil fiscal ni un conseil juridique. Elle ne connaît pas votre situation, et c'est votre situation qui décide. Pour une décision qui vous engage, consultez un professionnel du chiffre ou du droit, ou les ressources de la CNIL et de BOFiP.

Sources